Ce que la profondeur ajoute à tout
Ce qui se passe
Tu connais déjà les accidents de la plongée : tu les as appris au niveau 1, et ils n'ont pas changé. Ce qui change en descendant plus bas, ce n'est pas la liste — c'est la vitesse.
À 40 mètres, presque rien ne peut t'arriver qui ne pouvait pas déjà t'arriver à 20. Tout arrive simplement plus vite, et tu as moins de temps pour répondre. La seule vraie nouveauté, c'est la narcose, qui a sa propre fiche.
Ton air part plus vite
À pression plus élevée, chaque respiration te prend davantage d'air de ta bouteille. Ton autonomie fond, sans que ta façon de respirer ait changé. C'est le sujet de Tu consommes plus en bas.
Ta désaturation avance plus vite
Plus tu descends, plus l'azote se charge rapidement. Le temps dont tu disposes avant le premier palier obligatoire se réduit — et il se réduit beaucoup plus vite que la profondeur n'augmente.
Le froid vient plus tôt
L'eau est souvent plus froide en bas, et une plongée profonde te demande plus d'énergie. Or le froid aggrave l'essoufflement, la narcose et l'accident de désaturation — les trois autres risques de cette fiche.
L'essoufflement devient plus facile
L'air que tu respires est plus dense en profondeur, donc plus difficile à déplacer. Le même effort te coûte davantage.
La surface est plus loin
Une remontée depuis 40 m dure plus longtemps qu'une remontée depuis 20, et elle passe par des paliers que tu n'avais pas. Toute solution qui consiste à « remonter » devient donc plus coûteuse, en temps comme en air. C'est pour ça qu'en profondeur, on prévient beaucoup plus qu'on ne rattrape.
Et il fait sombre
Les couleurs ont disparu bien avant, la lumière décline, la visibilité souvent aussi. Ça complique la surveillance mutuelle au moment précis où elle compte le plus.
L'accoutumance à la profondeur doit être progressive.
Ce qu'on fait
- Gagner la profondeur sur plusieurs plongées, pas sur une décision.
- Vérifier son air plus souvent qu'à 20 m, et plus tôt qu'on ne le croit nécessaire.
- Se couvrir davantage que ce que la température de surface suggère.
- Réduire l'effort : pas de palmage rapide, pas de course pour rattraper la palanquée.
- Garder son équipier dans son champ de vision, et se signaler dès que quelque chose ne va pas — plutôt que d'attendre de voir.
C'est la fiche qui ne s'apprend pas dans l'eau mais qui s'y vérifie à chaque plongée profonde. Ton guide fixe la profondeur et le rythme ; ce que tu apprends, toi, c'est à sentir que tout va plus vite.
Source : MFT FFESSM N2 (PA20 – PE40), décembre 2025, p. 19, p. 20, p. 16, p. 9 et p. 4.
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