Le Plongeur Français
N2 · Accidents11 / 23

Reconnaître un accident

Ce qui se passe

Au niveau 1, tu as appris les accidents un par un, et surtout à ne pas les provoquer. Le niveau 2 te demande autre chose : les repérer, sur toi comme sur un équipier, et savoir quoi faire ensuite.

Ce n'est pas la même compétence. Éviter, c'est de la préparation. Repérer, c'est de l'attention pendant et après.

Beaucoup préviennent. Ce qui les rend graves, ce n'est presque jamais le premier signe — c'est le temps qu'on met à le prendre au sérieux.

Certains, non. Et c'est pour ceux-là qu'on regarde son équipier au moment où il arrive en surface.

Ce qui doit t'alerter

Pas une liste à réciter : ce sont des familles, et chacune a sa manière de se manifester.

Un barotraumatisme suit une variation de pression. Le plus souvent il fait mal, et il fait mal au moment où la pression change : oreille, sinus, dents, estomac, une gêne sous le masque. La douleur est alors le signal, et elle arrive tôt.

Une exception, et c'est la plus grave. Un plongeur qui arrive en surface et qui ne va pas bien tout de suite — qui parle mal, voit mal, bouge mal, tousse ou crache du sang — peut faire une surpression pulmonaire. Il n'y a pas forcément de douleur, et il n'y a pas de délai : c'est immédiat, et ça s'alerte immédiatement.

Un essoufflement s'entend et se voit. La ventilation s'accélère et ne se calme plus, la sensation de manquer d'air persiste malgré des inspirations plus grandes, un mal de tête peut suivre. Sur un équipier : des bulles rapides et continues, des gestes qui s'agitent.

Le froid ralentit. D'abord des frissons, puis l'inverse — plus de frissons, mais un plongeur devenu lent, silencieux, qui répond mal aux signes. Cette deuxième phase est la plus trompeuse.

Un accident de désaturation arrive le plus souvent après la plongée, et c'est ce qui le rend traître. Fatigue qui ne ressemble pas à une fatigue de plongée, douleurs articulaires, fourmillements, troubles de la vue ou de l'équilibre, difficulté à parler ou à bouger.

Un malaise ne s'explique pas. Quelqu'un qui perd le contact, s'absente, ne répond plus normalement. On ne cherche pas la cause sous l'eau.

La vigilance ne s'arrête pas au bateau

C'est le point que le niveau 1 n'aborde pas, et le plus important de cette fiche : les signes d'un accident de désaturation apparaissent souvent dans les heures qui suivent.

Un plongeur qui rentre chez lui sans rien dire d'une fatigue inhabituelle est le cas le plus fréquent. Après une plongée, tout symptôme inhabituel se rapporte à la plongée jusqu'à preuve du contraire — ce n'est pas à toi de faire cette preuve.

La règle
Devant un doute, on alerte. Aucun signe après une plongée ne se surveille en silence.

Ce qu'on fait

  • Prévenir le directeur de plongée, toujours, même si ça passe. C'est lui qui décide de la suite, pas la personne concernée.
  • Ne pas attendre de voir. Un signe qui disparaît reste un signe qui a eu lieu.
  • Ne pas minimiser ce qu'on ressent soi-même : c'est là qu'on se trompe le plus.
  • Rester avec la personne et ne pas la laisser repartir seule.
  • Se souvenir que la conduite à tenir — oxygène, bilan, alerte — a sa formation à elle, distincte de ce brevet.

Ce que ton moniteur te montrera, et pas cette fiche

Les gestes de secours. L'oxygène, le bilan, l'alerte, la mise en sécurité : c'est le RIFAP, une formation à part entière. Cette fiche s'arrête à ce qui doit t'alerter et à qui prévenir.

Et elle ne t'apprend pas à diagnostiquer. Reconnaître qu'il se passe quelque chose suffit à déclencher ce qu'il faut ; nommer l'accident est le travail du médecin.

En séance

La compétence Intervenir et porter assistance à un plongeur en difficulté se valide spécifiquement, en fin de formation, sur des situations volontairement variées. Ce qui y est jugé, c'est la rapidité à percevoir qu'il se passe quelque chose — pas l'identification de l'accident.

Source : MFT FFESSM N2 (PA20 – PE40), décembre 2025, p. 19, p. 14 et p. 20.

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