Le Plongeur Français
N2 · Accidents12 / 23

Les facteurs aggravants de l'accident de désaturation

Ce qui se passe

Tu sais depuis le niveau 1 comment naît un accident de désaturation : l'azote dissous dans ton corps repasse à l'état de bulles quand la pression chute trop vite. Ce mécanisme n'a pas changé, et il a sa fiche.

Ce que le niveau 2 ajoute est ailleurs, et c'est dérangeant : deux plongeurs peuvent suivre exactement la même procédure et ne pas courir le même risque. La table et l'ordinateur calculent pour un plongeur théorique, dans des conditions théoriques. Ils ne savent rien de ta nuit, de ton froid, ni de l'effort que tu viens de fournir.

D'où deux familles de facteurs à connaître : ceux qui tiennent à toi, et ceux qui tiennent au profil de la plongée.

Ce qui tient à toi

  • La fatigue et le manque de sommeil.
  • Le froid pendant la plongée.
  • La déshydratation — souvent sous-estimée, et facile à corriger.
  • L'effort, pendant la plongée et juste après.
  • La condition physique, l'âge, le surpoids.
  • Le tabac et l'alcool.

Aucun de ces facteurs ne se voit sur un ordinateur. Ils s'additionnent en silence, et c'est ce qui les rend traîtres.

Ce qui tient au profil de la plongée

Un cas à part d'abord : une remontée trop rapide n'est pas un profil exigeant, c'est un écart à la procédure. La vitesse t'est imposée par ton moyen de désaturation, et la dépasser a sa propre conduite à tenir.

Les profils ci-dessous, eux, restent dans les clous — et chargent quand même ton corps davantage que ce que la procédure suppose :

  • un profil en dents de scie : on descend, on remonte, on redescend ;
  • un profil inversé : la deuxième plongée plus profonde que la première ;
  • des plongées successives rapprochées, ou plusieurs jours de suite ;
  • une apnée après la plongée ;
  • l'altitude ou l'avion après la plongée.

Reprendre après une interruption

Après plusieurs mois sans plonger, ton corps n'est plus habitué à la désaturation. La reprise se fait par des plongées courtes et peu profondes, avant de revenir à ce que tu faisais avant. C'est ce qu'on appelle une plongée de réadaptation.

La règle
Une procédure respectée ne met personne à l'abri. Elle ne connaît ni ta fatigue, ni ton froid, ni ton effort.

Ce qu'on fait

  • Boire avant et après la plongée, et se couvrir pour ne pas avoir froid — pas seulement pour ne pas grelotter.
  • Éviter l'effort après la plongée : remonter une bouteille, nager vite jusqu'au bateau, porter le matériel.
  • À la préparation, demander à faire la plongée la plus profonde en premier.
  • Annoncer au directeur de plongée ce qui te concerne : reprise après interruption, fatigue, plongée de la veille.
  • Respecter les délais avant l'avion ou l'altitude.
En séance

Ces facteurs se discutent avant la mise à l'eau, quand la palanquée prépare sa plongée avec le directeur de plongée. C'est aussi le moment où l'ordre des plongées de la journée se décide.

Source : MFT FFESSM N2 (PA20 – PE40), décembre 2025, p. 19, p. 20 et p. 14.

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