Le Plongeur Français
N2 · Théorie de l'activité7 / 23

Ton autonomie, et ta marge

Ce qui se passe

Une panne d'air ne s'improvise pas : elle se prévient à sec, avec deux questions — combien d'air j'emporte, et à quelle vitesse il part.

Tu sais déjà que la profondeur multiplie ta consommation. Reste à en tirer un ordre de grandeur.

Le calcul, déroulé une fois

Prenons des hypothèses, et regardons-les d'abord, parce que tout le résultat en dépend :

  • un bloc de 12 litres gonflé à 200 bars ;
  • un plongeur qui consomme 20 litres par minute en surface ;
  • une plongée à 30 mètres, donc à 4 bars de pression absolue ;
  • un plongeur calme, sans effort ni courant ;
  • et une équivalence à garder en tête : dans un bloc de 12 litres, 1 bar au manomètre, c'est 12 litres d'air.

L'air emporté : 12 × 200 = 2 400 litres.

La consommation à 30 mètres : 20 × 4 = 80 litres par minute.

En bar par minute, ce qui est ce que ton manomètre te montre : 80 ÷ 12 ≈ 6,7 bars par minute. En surface, le même plongeur descendrait à 1,7 bar par minute. Le manomètre bouge donc quatre fois plus vite à 30 mètres, et tu le vois pendant la plongée.

Le temps théorique : 2 400 ÷ 80 = 30 minutes.

Pourquoi ces 30 minutes ne sont pas une durée de plongée

Ce nombre suppose que tu respires jusqu'à ce que le bloc soit vide, à 30 mètres, sans remonter.

Il faut en retirer, au minimum :

  • l'air de la remontée, paliers compris — et un palier consomme, moins vite qu'au fond mais il consomme ;
  • une réserve pour l'imprévu, dont l'assistance à un équipier ;
  • ce que la règle du club ou le directeur de plongée impose comme pression de fin de plongée.

Ce qui reste après ces retraits, c'est ton temps de fond. Il est toujours nettement inférieur au calcul brut — et le calcul lui-même est déjà optimiste.

La marge n'est pas ce qui reste

C'est le point que le calcul ne montre pas : la marge se décide avant, elle ne se constate pas à la fin. Un plongeur qui remonte avec 30 bars parce que ça s'est trouvé comme ça n'avait pas de marge — il a eu de la chance.

La règle
Un calcul d'autonomie sert à comprendre, pas à décider d'une durée de plongée. La pression de remontée se fixe avant la mise à l'eau.

Ce qu'on fait

  • Connaître sa propre consommation, en la relevant au fil des plongées plutôt qu'en la supposant.
  • Fixer la pression de remontée avant de se mettre à l'eau, et l'annoncer à la palanquée.
  • Annoncer sa pression en cours de plongée, sans attendre qu'on la demande.
  • Compter l'air de l'assistance : en autonomie, ta réserve peut servir à deux — et à deux sur le même bloc, elle part deux fois plus vite.
  • Refaire le calcul quand une hypothèse change — bloc différent, plongée plus profonde.
En séance

C'est un exercice de planification, à sec. Le calcul vient en appui de la démonstration : on te demandera de l'expliquer, pas de le réussir sous chronomètre.

Source : MFT FFESSM N2 (PA20 – PE40), décembre 2025, p. 19, p. 20, p. 13 et p. 15.

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