Tu consommes plus en bas
Ce qui se passe
Ta consommation, ce n'est pas le volume d'air que tu respires : c'est le volume que ton détendeur prend dans ta bouteille pour te le fournir.
Or il te le fournit à la pression où tu te trouves. À 30 mètres, la pression absolue vaut 4 bars : chaque respiration te coûte donc quatre fois plus d'air de ta bouteille qu'en surface, pour exactement le même volume respiré.
| Profondeur | Pression absolue | Ce que coûte une respiration |
|---|---|---|
| surface | 1 bar | × 1 |
| 20 m | 3 bars | × 3 |
| 30 m | 4 bars | × 4 |
| 40 m | 5 bars | × 5 |
Ce n'est pas une question de forme. Un plongeur parfaitement calme vide sa bouteille cinq fois plus vite à 40 mètres qu'en surface, alors qu'il respire exactement le même volume d'air. C'est de la physique, pas de la technique.
Et ce qui s'ajoute par-dessus
La profondeur multiplie, mais elle n'est pas seule à jouer :
- l'effort — palmer contre un courant, rattraper la palanquée ;
- le froid, qui fait consommer davantage ;
- le stress et l'essoufflement, qui accélèrent la ventilation au moment où elle devrait ralentir ;
- l'inconfort matériel : un détendeur mal réglé, un gilet trop serré.
Ces facteurs s'additionnent à la multiplication de la profondeur. Ils n'en prennent pas la place.
Ce que ça change concrètement
Ton manomètre descend plus vite en bas — et il descend d'autant plus vite que tu es profond. Un tiers de bouteille consommé en dix minutes à 20 mètres n'annonce pas la même chose que le même tiers à 40.
C'est pour ça qu'on ne surveille pas son air « de temps en temps » en plongée profonde : on le surveille plus souvent qu'à 20 mètres, et plus tôt qu'on ne le croit nécessaire.
À 40 mètres, ta bouteille se vide cinq fois plus vite qu'en surface, à respiration identique. Ce n'est pas rattrapable en respirant mieux.
Ce qu'on fait
- Vérifier sa pression plus souvent en profondeur, et l'annoncer à la palanquée.
- Réduire l'effort : c'est le principal levier pendant la plongée — le froid, lui, se joue avant, au choix de la protection.
- Se couvrir : le froid coûte de l'air.
- Se souvenir que celui qui consomme le plus donne le temps de la palanquée.
C'est au moment de planifier que ça sert : décider d'une profondeur, c'est décider d'une consommation. La question se pose aussi en fin de plongée, quand la palanquée annonce ses pressions et que quelqu'un doit en tirer une décision.
Source : MFT FFESSM N2 (PA20 – PE40), décembre 2025, p. 19, p. 20, p. 15 et p. 16.
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