Prévenir pour deux, agir jusqu'au relais
Ce qui se passe
Au niveau 1, si quelque chose n'allait pas dans la palanquée, quelqu'un d'autre s'en occupait. C'est ce qui change ici, et c'est le vrai contenu de ce brevet.
En autonomie, le premier à voir, c'est toi. En palanquée guidée à 40 mètres, tu peux être plus près de ton équipier que ne l'est ton guide. Dans les deux cas, tu deviens le premier maillon — celui qui tient la situation le temps que quelqu'un de plus qualifié la reprenne.
Le mot important est premier, pas seul. Ton rôle a un début et il a une fin.
Prévenir ne se fait plus seul
Tout ce que tu as appris au niveau 1 sur la prévention reste vrai — l'accident de désaturation, les barotraumatismes, l'essoufflement, le froid. Ce qui change, c'est que tu ne le fais plus seulement pour toi.
Concrètement, ça veut dire trois choses.
Tu prépares la plongée à deux. La profondeur, la durée, la pression à laquelle on remonte, ce qu'on fait si on se perd : ça se décide avant de se mettre à l'eau, pas au fond avec des signes.
Tu tiens compte de l'autre. Son niveau, sa forme du jour, sa consommation, son froid. La palanquée avance au rythme du plus limité, et ce n'est pas une faveur qu'on lui fait — c'est la définition d'une palanquée.
Tu regardes ton équipier régulièrement, pas seulement quand tu as besoin de lui. Tu ne verras rien si tu ne regardes que quand tu as un doute : à ce moment-là, il est déjà tard.
Ce qui doit t'alerter chez lui — et chez toi — est le sujet de Reconnaître un accident.
Où s'arrête ton rôle
Ton intervention va jusqu'à la prise en charge par ton guide de palanquée ou par le directeur de plongée. Pas au-delà.
Ce n'est pas une modestie de circonstance : savoir où s'arrête son rôle fait partie du rôle. Un plongeur qui prolonge une intervention au-delà de ses moyens crée une deuxième victime.
Les signes servent aussi quand ça va mal
Tu connais les signes de la plongée normale. Il existe aussi des réponses pour les situations exceptionnelles — signaler une panne d'air, demander de remonter, indiquer qu'on ne va pas bien.
Ces codes ne s'improvisent pas au fond : ils se fixent avant la mise à l'eau, avec ta palanquée et ton guide. Un signe que l'autre ne connaît pas ne sert à rien.
Quand la remontée n'a pas été normale
Deux cas, et ils ne se traitent pas pareil.
Si quelqu'un ne va pas bien après la remontée — un signe, quel qu'il soit : on ne le réimmerge jamais. On alerte, et la suite appartient aux secours.
Si rien d'anormal n'apparaît, la fédération publie des procédures de rattrapage — vitesse de remontée dépassée, palier obligatoire non réalisé. Elles distinguent selon qu'une réimmersion est possible ou non, et le délai qu'elles laissent se compte en minutes.
Elles ne s'improvisent donc pas au retour : la palanquée décide avant la mise à l'eau qui les connaît et ce qu'elle fera. Ces procédures sont écrites, elles portent une date, et elles changent — c'est le document fédéral qu'il faut aller lire, pas un souvenir de formation.
Dans les deux cas, le directeur de plongée est prévenu au retour.
Ton intervention s'arrête à la prise en charge par ton guide ou par le directeur de plongée. Tu es le premier maillon, pas le dernier.
Ce qu'on fait
- Regarder son équipier régulièrement, sans attendre d'avoir une raison.
- Fixer les signes avant la mise à l'eau, y compris ceux des situations exceptionnelles.
- Signaler tôt : une gêne annoncée se règle, une gêne cachée s'aggrave.
- Alerter le directeur de plongée de tout incident, même si tout s'est bien terminé — c'est lui qui décide de la suite.
- Savoir avant de plonger ce que fait la palanquée si une remontée n'est pas normale — et ne jamais réimmerger quelqu'un qui présente un signe.
Ce que ton moniteur te montrera, et pas cette fiche
Le geste. Comment on présente son deuxième détendeur, comment on maintient un équipier à sa profondeur, comment on assure sa flottabilité et comment on le déplace jusqu'au guide : tout cela s'apprend dans l'eau, en le faisant, et se valide spécifiquement en fin de formation.
Une fiche qui décrirait ces gestes donnerait le sentiment de les connaître. C'est précisément ce qu'il ne faut pas.
Deux compétences portent ce sujet, et toutes deux se valident séparément, en fin de formation : Intervenir et porter assistance à un plongeur en difficulté et Intervenir en relai sur un équipier en difficulté. Les situations d'évaluation sont variées volontairement — c'est la réaction qui est jugée, pas le scénario.
Source : MFT FFESSM N2 (PA20 – PE40), décembre 2025, p. 19, p. 18 et p. 14. Procédures de rattrapage : *Résolutions de la CTN — Recommandations*, FFESSM (CTN du 14/09/2024, point n° 8).
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