Le Plongeur Français
N1 · Accidents7 / 14

Les barotraumatismes

Ce qui se passe

Un barotraumatisme, c'est une lésion causée par une différence de pression. Ton corps est plein d'eau, qui ne se comprime pas — mais il contient des poches d'air, et celles-là changent de volume quand la pression change. Quand l'air d'une de ces poches n'est pas renouvelé, la différence de pression tire sur les parois. C'est ce qui fait mal, et c'est ce qui peut blesser.

Tous les barotraumatismes obéissent à ce seul principe. Ce qui change, c'est la poche concernée et le moment où ça arrive.

À la descente, la pression augmente et trois poches se compriment : l'oreille moyenne, les sinus, et le volume coincé sous ton masque. C'est ce que traite cette fiche.

À la remontée, c'est l'inverse : l'air se dilate, et il doit pouvoir s'échapper — de tes poumons comme de tes oreilles. Le plus grave des accidents de la remontée est la surpression pulmonaire : elle a sa propre fiche.

Rien de tout cela n'arrive si l'air est renouvelé au fur et à mesure. À la descente, c'est le rôle de l'équilibrage.

Les trois zones, et ce qu'on fait pour chacune

  • Les oreilles — on rééquilibre en faisant passer de l'air vers l'oreille moyenne. Trois techniques existent : le Valsalva (souffler doucement, nez pincé et bouche fermée), la BTV (béance tubaire volontaire, sans les mains) et le Frenzel (on pousse l'air avec la langue plutôt qu'avec les poumons). Ton moniteur t'apprendra celle qui te convient. Le Valsalva se fait en douceur, et pas à la remontée.
  • Les sinus — ils s'équilibrent seuls quand ils sont dégagés. Rien à faire de particulier, sauf renoncer à la plongée quand ils ne le sont pas.
  • Le masque — on souffle un peu d'air par le nez dans le masque en descendant. Sans ça, il se plaque sur le visage : c'est le placage de masque.
La règle
Équilibrer tôt et souvent, dès les premiers mètres. Si ça ne passe pas, on ne force jamais : on remonte un peu, jusqu'à ce que la gêne cesse, et on recommence. Si ça ne passe toujours pas, on prévient son guide et on renonce à descendre.

Ce qu'on fait

  • Commencer à équilibrer avant que ça fasse mal, dès le début de la descente.
  • Descendre sans se presser, et suivre le rythme du guide de palanquée.
  • Ne jamais forcer. Une oreille qui résiste ne cède pas parce qu'on insiste.
  • Si ça ne passe pas : remonter un peu jusqu'à ce que la gêne cesse, réessayer, prévenir le guide — et renoncer à descendre si ça résiste encore.
  • Ne pas plonger enrhumé ou congestionné — et ne pas « forcer » à coups de spray décongestionnant.
En séance

Cette notion prend corps dans l'eau, avec le canard et le phoque — compétence « Évoluer dans l'eau — S'immerger ». Ton moniteur t'y amènera.

Source : MFT FFESSM N1 (PE20), décembre 2025, p. 6, 8 et 14.

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